Six ans après #MeToo, 3 ans après le Plan national de lutte contre les VSS dans l’ESR, les facs sont-elles exemplaires ?

Hélas, non. Les universités sont des lieux particulièrement hiérarchisés et les relations de pouvoir s’y jouent à différents niveaux. Dans les carrières académiques, scientifiques et administratives, le personnel se trouve souvent confronté à des contrats précaires ou temporaires (personnel scientifique temporaire, stagiaires, enseignants vacataires, agents et doctorants contractuels) et il dépend de personnes qui peuvent en influencer le cours. Cette précarité et cette dépendance sont des sources de sexisme et d’inégalité entre les femmes et les hommes.

Dans les carrières de l’ESR, l’égalité entre les sexes n’est pas une réalité…

Les femmes sont faiblement représentées dans les postes les plus prestigieux et les mieux rémunérés (présidentes et vice-présidentes, directrices de recherche, professeures d’universités, DGS, conseil d’administration, etc.). A contrario, elles sont ultra majoritaires sur les postes à temps partiel, de catégories C et B, faiblement rémunérés, avec peu d’évolution professionnelle. Les filières sont sexistes, les filles manquent ou sont carrément invisibles dans les plus sélectives (mathématiques, scientifiques, numériques et techniques)1. Cette situation découle en partie des stéréotypes de genre persistants depuis l’école, qui influencent les choix d’orientation des filles et des garçons. Quasiment toutes les étudiantes font l’expérience du sexisme, dans un continuum allant du dénigrement, au harcèlement et finalement à la violence. De nombreuses agentes subissent également le sexisme quotidien, une violence fondée sur le genre et la discrimination structurelle à l’égard des femmes. Cette inégalité dans le parcours éducatif et professionnel et ces violences sexistes ont des répercussions intimes et sociales majeures dans la vie des femmes.

…et les violences sexistes et sexuelles sont partout.

Tous les établissements de l’ESR font l’objet d’affaires scandaleuses de VSS, (Science Po, IEP, ENS, Polytechnique, écoles d’ingénieurs et de commerce, écoles d’art, universités et IUT, etc.). Le plus souvent, elles sont révélées par la presse qui témoigne toujours du même constat : une mentalité et un traitement patriarcal des VSS basés sur la minimisation des faits, le déni de la souffrance, la peur de voir la réputation de l’établissement entachée et la culpabilisation des victimes.

Le Plan ministériel du MESR est bien trop timide2 et sans vrais moyens pérennes de lutte contre les VSS, malgré l’engagement de nombreux établissements à constituer des structures spécialisées et à nommer des référent.es égalité, et malgré la mobilisation forte des étudiant.es,

1 Voir le rapport du HCE (Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes) publié le 7 novembre 2023,

2 Voir le Rapport d’étude n° 23-03 ONDES Les actions pour l’égalité des établissements d’enseignement supérieur : un état des lieux (https://www.univ-gustave-eiffel.fr/luniversite/pages-speciales/vue-detaillee/enquete-remede-etat-des-lieux-des- actions-pour-legalite-dans-les-etablissements-denseignement-superieur