La direction vient de diffuser un document intitulé « Guide Élégance TGV INOUI », dans le mois dit “de l’inclusivité”.
Sous couvert d’« élégance à la française », ce guide va beaucoup plus loin : il analyse, classe et corrige le corps des salarié.es!!!
Un test pour analyser votre corps
Le guide propose aux agent.es un test de morphologie avec des questions comme :
« Comment décririez-vous vos épaules par rapport à vos hanches ? »
« Où avez-vous tendance à prendre du poids ? »
À partir de ces réponses, les salarié.es sont classé.es en morphologies A, V, O, X…
Autrement dit :
La direction explique désormais aux cheminot·es dans quelle catégorie de corps ils et elles doivent se situer Entre deux missions, la direction vous demande où vous stockez vos kilos. C’est noté.
Jusqu’à surveiller le ventre des salarié.es
Le guide va même jusqu’à préciser :
« Votre ventre ne doit pas être apparent »
Il contient aussi une partie entière consacrée au maquillage, à la mise en beauté et à l’entretien de la barbe.
On aurait préféré que la direction se préoccupe de ce que nos conditions de travail font à nos corps plutôt que de ce que nos corps font à l’image de marque.
Comment « corriger » votre silhouette
Le document explique ensuite comment modifier l’apparence du corps :
« allonger et amincir la silhouette » « attirer l’œil sur certaines parties du corps »
« masquer légèrement les hanches »
La direction explique donc aux cheminot·es comment cacher certaines parties de leur corps.
Barbe nickel… mais conditions de travail en friche ?
Pendant que les cheminot.es demandent des moyens et du respect pour leur travail, la direction publie un « guide élégance » expliquant comment les hommes doivent se raser : serviette chaude pour dilater les pores, savon au blaireau, deux passages de rasoir et huile pour entretenir la barbe.
Pendant qu’on nous explique comment tailler nos barbes, les vraies questions – salaires, effectifs, conditions de travail – restent sans réponse.
Pendant ce temps, sur le terrain… Les cheminot·es demandent des effectifs, des conditions de travail dignes et des moyens pour assurer la sécurité et la qualité du service public.
La direction, elle, publie un guide pour expliquer comment corriger sa morphologie et affiner sa silhouette.
Des effectifs ? Non.
Des moyens pour travailler correctement ? Non.
Mais un tutoriel pour cacher ses hanches… ça oui.
Les cheminot·es ne sont pas des supports de communication commerciale.
Elles et il font rouler les trains, assurent la sécurité des circulations et des voyageurs/euses, sont sur les quais…..
Pour la CGT, ce type de contenu véhicule des stéréotypes et des normes esthétiques totalement déplacées dans une entreprise publique. Classer les cheminot·es selon leur morphologie et leur expliquer comment « corriger » ou cacher certaines parties de leur corps est inacceptable. Personne ne doit être jugé sur sa silhouette mais sur son professionnalisme et son travail. Ce guide illustre aussi une dérive inquiétante : l’aérienisation du ferroviaire, où l’apparence et l’image de marque prendraient le pas sur les métiers, les compétences et le service public. Ce discours renvoie à des stéréotypes d’un autre temps, particulièrement envers les femmes.
Pas un manuel pour corriger leur corps
A terme est-ce qu’il faudra avoir « l’élégance à la française » pour pouvoir postuler à des offres d’emplois ? Serait-ce un critère discrimination ?
La qualité du service public ferroviaire dépend elle de l’apparence physique des agent.es ?
Notre corps n’est pas un support publicitaire. Notre travail n’est pas un défilé de mode. Et notre dignité ne se négocie pas en fonction des saisons TGV INOUI
La vrai élégance d’une entreprise publique c’est le respect des cheminot es
